Au pied de la kasbah de Tizourgane, le sentier s’engage entre les murets de pierre sèche et disparaît aussitôt sous les arganiers. Vous marchez dans l’ombre claire de ces arbres noueux, dont les branches basses s’étalent presque à hauteur d’homme. En quatre kilomètres à peine, la boucle déroule l’essentiel de l’Anti-Atlas : l’arganeraie, les terrasses d’amandiers et un village de pisé qui semble veiller sur la plaine.
Ce qui fait le charme de cette balade, c’est la diversité des paysages en si peu de temps. Vous traversez des vergers d’arganiers centenaires, longez des champs en terrasses irrigués par des séquias, puis remontez par un village berbère où le temps paraît suspendu. En février-mars, la floraison des amandiers transforme la vallée en un tableau blanc et ocre.
Infos pratiques — Boucle des arganeraies de Tizourgane
Facile
1h30 à 2h
4 km
Boucle
+100 à +150 m
-100 à -150 m
600 m – 750 m
Février-mars (floraison), printemps, automne
Kasbah de Tizourgane
Accès et départ
Depuis Tafraout, comptez une vingtaine de kilomètres vers le nord en direction d’Aït Baha. La kasbah de Tizourgane se dresse sur son piton rocheux, visible de loin à l’écart de la route. Le parking se trouve au pied de la forteresse, point de départ et d’arrivée de la boucle. Cette forteresse, grenier collectif de la tribu des Ida Ougnidif, veille sur la vallée depuis le XIIIe siècle. Depuis Agadir, comptez environ deux heures par la N1 puis la route d’Aït Baha.
Le Trek
De la kasbah aux arganeraies
Vous quittez la kasbah par un sentier qui descend d’abord légèrement vers le lit de l’oued, puis remonte en douceur entre les arganiers. Les troncs torsadés, gris et crevassés, portent la marque des siècles ; certains dépassent les trois mètres de circonférence. Le sol est sableux, tapissé par endroits d’herbes sèches. La montée est régulière, jamais raide : la boucle ne gagne qu’une centaine de mètres en tout. À l’automne, les arganiers se couvrent de fruits verts et jaunes, source de l’huile d’argan de la région.
Le sentier s’élève ensuite vers les premiers champs en terrasses. Les murets de pierre retiennent la terre rouge, et les séquias — ces petits canaux d’irrigation hérités d’un savoir-faire berbère — distribuent l’eau de l’oued aux cultures. Au printemps, l’eau ruisselle d’une terrasse à l’autre avec un clapotis continu.
Terrasses d’amandiers et village en pisé
Après environ deux kilomètres, vous débouchez sur les terrasses d’amandiers qui ont fait la renommée de la vallée. En février-mars, leurs fleurs blanches et rosées couvrent les pentes ; le reste de l’année, le feuillage argenté contraste doucement avec le rouge de la terre. Vous suivez la lisière des champs avant de rejoindre le village.
Le sentier remonte alors par les ruelles du village de Tizourgane. Les maisons de pisé, couleur de terre, se serrent les unes contre les autres ; les portes de bois clouté s’ouvrent sur des cours ombragées. C’est l’occasion de faire une pause : les habitants offrent volontiers un thé à la menthe aux marcheurs de passage.
La redescente vers la kasbah
La dernière portion redescend en douceur vers le piton de la kasbah. La vue s’ouvre sur la vallée des arganiers et, au-delà, sur les crêtes de l’Anti-Atlas. Vous refermez la boucle au pied de la forteresse après une heure et demie à deux heures de marche, sans avoir jamais forcé l’allure. En fin d’après-midi, la lumière rasante enflamme les murs de pisé et creuse les ombres dans la vallée.
Bon à savoir
Quelques repères avant de vous mettre en route.
- Eau : prévoyez 1 litre par personne. Vous pouvez vous ravitailler à la kasbah, qui propose aussi de la restauration sur place.
- Météo : février-mars (floraison, 15-25 °C), printemps et automne sont les périodes les plus agréables. En été, partez tôt le matin pour éviter les 30-40 °C de l’après-midi.
- Guide : non nécessaire, le sentier est bien marqué. Un guide est proposé à la kasbah si vous le souhaitez.
- Équipement : chaussures de marche légères, chapeau, crème solaire et un appareil photo.
Où dormir à proximité
À voir à proximité
Tizourgane est un bon point de départ pour explorer la région. Une demi-heure de route vers le sud, la vallée des Ammeln aligne ses villages roses au pied des parois granitiques. Plus au sud encore, l’ascension du Jbel Lekst (2 359 m) mène au plus haut sommet de l’Anti-Atlas occidental. Pour choisir votre itinéraire, consultez notre sélection des randonnées de l’Anti-Atlas.
Crédits
Crédits — Photos : Bjørn Christian Tørrissen (CC BY-SA 3.0), Hakimgraou (CC BY-SA 4.0) — Wikimedia Commons.