Maroc | Topos

16 treks et randonnées dans le massif de l’Anti-Atlas

On connaît l’Anti-Atlas de réputation : un massif lointain dans le Sud marocain, minéral, sauvage, un peu mystérieux. On sait moins qu’il se traverse à pied, par des sentiers qui relient des vallées aux visages très différents.

Celui qui part de Tafraout marche sur du granit rose, entre arganiers et amandiers. Plus à l’est, le Jbel Saghro déroule des plateaux lunaires où l’on bivouaque sous un ciel immense. Entre les deux, des oasis, des gorges, des villages en pisé accrochés aux flancs — et seize itinéraires qui dessinent une carte bien plus riche que ce qu’on imagine.

Cette page rassemble ce que nous connaissons de ses sentiers : les treks emblématiques, les boucles accessibles en famille, les randonnées d’une journée autour des villages. Une sélection qui s’enrichira au fil des explorations.

Vue panoramique du Djebel el Kest et de la vallée des Ammeln dans l'Anti-Atlas marocain, près de Tafraout

L’Anti-Atlas occidental — le massif de Tafraout

C’est par là qu’on découvre l’Anti-Atlas. Autour de Tafraout, les vallées s’ouvrent sur des paysages de granit rose, d’arganiers centenaires et de villages en pisé accrochés aux pentes. La lumière y change à chaque heure.

Les grands treks immersifs

Ce qui fait la force de l’Anti-Atlas occidental, c’est la diversité qu’on traverse en deux ou trois jours : on part du granit rose de Tafraout, on plonge dans la vallée des Ammeln, on rejoint les gorges d’Aït Mansour. Chaque jour change de décor.

Traversée Tafraout → Aït Mansour (2-3 jours) — Un sentier de crête qui relie les deux visages de l’Anti-Atlas occidental. On part de Tafraout, on traverse la vallée des Ammeln, on dort chez l’habitant au milieu des arganiers. Le paysage passe du granit rose au grès ocre, des plateaux cultivés aux gorges étroites.

Vallée des Ammeln en boucle (2 jours) — Une immersion complète dans la vallée la plus habitée de l’Anti-Atlas. On suit les sentiers qui relient les villages entre les amandiers et les terrasses cultivées. Nuit chez l’habitant, face aux crêtes du Jbel Lekst.

Les randonnées à la journée

Tous les sommets de l’ouest ne demandent pas un trek. Certains se hissent en une matinée, d’autres se bouclent entre le déjeuner et le thé de l’après-midi — avec un point commun : une vue qui porte loin.

Jbel Lekst (El Kest) — Le sommet qu’on reconnaît de partout. Depuis la vallée des Ammeln, la montée est raide mais courte (3 à 4 heures aller-retour). Arrivé au sommet, la vue embrasse tout l’Anti-Atlas occidental : les crêtes du Siroua au nord-est, l’océan au sud-ouest par temps clair, et le dédale des vallées berbères en contrebas.

Les Rochers Peints de Tafraout — Une boucle facile autour des célèbres rochers colorés par Jean Vérame en 1984. L’œuvre a vieilli, la peinture s’estompe, mais le contraste entre le granit rose et les taches de couleur reste saisissant. Accessible à tous, faisable en famille.

Les gorges d’Aït Mansour — Une courte randonnée qui remonte la palmeraie entre les parois de grès. Des gueltas naturelles où l’on se baigne, de l’ombre presque toute la journée, et le bruit de l’eau — un luxe rare dans l’Anti-Atlas. Même en été, on y respire.

Les incontournables culturels

Le massif ne se vit pas que par ses crêtes. Dans les vallées, on découvre un tissu de villages berbères qui racontent l’histoire de l’Anti-Atlas autrement — par l’architecture, les marchés, les gestes quotidiens.

Tafraout est le point de départ naturel de toute exploration de l’Anti-Atlas occidental. La petite ville s’étire au fond d’une cuvette entourée de rochers aux formes célèbres — le Pain de Sucre, le Lion Endormi. On y trouve le marché du mardi, quelques bonnes adresses, et surtout une atmosphère paisible, à des années-lumière de l’agitation de Marrakech.
Séjourner à Tafraout

La vallée des Ammeln mérite qu’on s’y attarde. C’est le poumon berbère de l’Anti-Atlas : des villages en pisé accrochés aux flancs, des canaux d’irrigation qui courent entre les terrasses, des femmes qui tissent dans les cours intérieures.
Parcourir la vallée des Ammeln

Kasbah Ida Ou Gnidif, grenier fortifié berbère dans l'Anti-Atlas central

L’Anti-Atlas central — Tata, Tizourgane, Tiout

Entre l’ouest verdoyant et l’est minéral, le centre de l’Anti-Atlas déploie un autre visage : plus aride, moins fréquenté, parsemé d’oasis qui surgissent au détour d’un oued. Une région où chaque vallée cache un grenier fortifié perché sur son piton.

Les grands treks immersifs

Pour qui veut s’enfoncer un peu plus loin, le centre offre des boucles qui couplent la palmeraie et le plateau. Une nuit chez l’habitant, une journée de crête, et l’impression d’avoir quitté le monde connu.

Boucle d’Amtoudi (2 jours) — Une traversée qui relie la palmeraie au plateau environnant. On dort chez l’habitant, le dénivelé reste modéré, et les paysages oscillent entre verdeur de la palmeraie et minéralité du plateau. Une première initiation au trek dans l’Anti-Atlas.

Les randonnées à la journée

Le centre de l’Anti-Atlas se découvre en demi-journées : des gorges où l’on marche dans l’eau, des greniers perchés à atteindre, des oasis cachées au bout d’une courte piste. Rien de très long, rien de très dur, mais chaque itinéraire a son moment de grâce.

Circuit Agadir Aït Aguelouy (Amtoudi) — Une boucle de 2 à 3 heures qui mène à un grenier troglodytique perché dans la falaise, avec une vue plongeante sur la palmeraie. Au retour, les gueltas de l’oued offrent une baignade bien méritée.
Gravir à l’Agadir Aït Aguelouy

Balade des gueltas d’Amtoudi — La randonnée la plus accessible du secteur : 4 km aller-retour au fond de la gorge, entre cascades et bassins naturels. Ombrée une bonne partie de la journée, idéale pour une sortie en famille ou une pause fraîcheur.
Longer les gueltas d’Amtoudi

Boucle des arganeraies de Tizourgane — Depuis la Kasbah, un sentier traverse les arganiers centenaires et les champs d’amandiers avant de remonter vers l’agadir perché au-dessus du village. 4 à 6 km, une à deux heures de balade dans un décor préservé.
Sillonner la boucle des arganeraies

Oasis de Tissint — cascades et palmeraie — À une heure de Tata, une oasis secrète où l’eau cascade entre les palmiers. Une balade de 2 à 3 heures dans un décor de verdure qui tranche avec l’aridité environnante. Un havre de paix.
Flâner dans l’oasis de Tissint

Les incontournables culturels

Au-delà des sentiers, le centre de l’Anti-Atlas recèle des villages et des oasis qui méritent le détour pour eux-mêmes — une kasbah millénaire, une palmeraie secrète, un grenier perché qui veille sur la vallée.

Oasis de Tiout — Une oasis discrète au pied du massif, à l’écart des circuits. Une palmeraie dense, une kasbah en ruine qui veille sur les lieux, des sources naturelles où l’on peut se rafraîchir. La randonnée y est courte, idéale pour une demi-journée de découverte en famille.

Oasis d’Aguinane — La plus isolée des oasis de l’Anti-Atlas. L’accès est difficile — une piste depuis la route principale — mais le jeu en vaut la chandelle : une palmeraie préservée, un accueil authentique, et un sentiment d’être au bout du monde.

Sommet du Jbel Sirwa, point culminant de l'Anti-Atlas à 3 304 m.

L’Anti-Atlas oriental — Jbel Saghro, Jbel Siroua

À l’est du massif, le relief change du tout au tout. Fini le granit rose et les vallées cultivées : ici s’étendent des plateaux volcaniques, des crêtes déchiquetées, des étendues minérales où le silence règne. Le royaume des grands treks.

Les grands treks immersifs

L’est est le domaine des grands espaces. Ici, on ne compte pas en heures mais en jours. Les treks du Jbel Saghro et du Siroua vous plongent dans des paysages lunaires où le seul bruit, pendant des heures, est celui du vent.

Traversée du Jbel Saghro (4-5 jours) — Le trek le plus emblématique de l’Anti-Atlas oriental. Plus de 50 km de plateaux désertiques, de gorges étroites et de cols lunaires. On bivouaque au milieu de nulle part, sous un ciel d’une clarté rare. Pas de village, pas de route — juste le sentier et le vent. Un trek pour randonneurs expérimentés, mais l’expérience est inoubliable.

Traversée du massif du Siroua (3-4 jours) — Un circuit complet autour du volcan éteint du Jbel Siroua (3 304 m). Le départ se fait depuis Taliouine, célèbre pour son safran. On traverse des plateaux d’altitude où l’air est plus frais, on dort chez l’habitant ou sous la tente, et on gravit le point culminant de l’Anti-Atlas. Les paysages volcaniques sont uniques dans la région.

Vallée du Dadès sud (1-2 jours) — La portion méridionale de la célèbre vallée du Dadès, à la frontière entre Anti-Atlas et Haut Atlas. Moins fréquentée que sa voisine du nord, elle offre des palmeraies préservées, des kasbahs en pisé encore habitées et la gorge d’Imiter. Une randonnée qui mêle culture et nature dans un cadre encore authentique.

Les randonnées à la journée

Certains des plus beaux sites de l’Anti-Atlas oriental se découvrent à la journée. Les gorges du Todra, canyon vertigineux encaissé dans le calcaire, se visitent en quelques heures. Le Jbel Siroua, lui, demande une journée complète mais offre le point culminant du massif à ceux qui n’ont pas le temps de bivouaquer.

Quand randonner dans l’Anti-Atlas

Le climat du massif varie davantage qu’on ne l’imagine. L’altitude adoucit les étés, l’orientation des vallées crée des microclimats, et chaque saison a ses randonnées de prédilection.

Automne (octobre-novembre)

La meilleure fenêtre. Les journées sont chaudes sans être écrasantes, les nuits fraîches mais supportables. Tous les itinéraires sont praticables, de Tafraout au Saghro. Les gorges d’Aït Mansour sont encore agréables, les plateaux du Siroua dégagés.

Printemps (mars-mai)

La saison des amandiers en fleurs et des températures douces (15-25°C). Les vallées verdissent, les oueds coulent. Période idéale pour les grands treks (Saghro, Siroua) et les boucles dans la vallée des Ammeln.

Hiver (décembre-février)

Les journées restent claires et ensoleillées, mais les nuits sont froides (parfois sous 5°C). Les randonnées en vallée basse (gorges, oasis) sont parfaites. Les hauts plateaux du Saghro et du Siroua sont réservés aux équipés.

Été (juin-septembre)

Il fait chaud dans les vallées (35-45°C). On marche tôt le matin ou on monte en altitude : le Siroua culmine à 3 304 m, le Jbel Saghro reste praticable. Les gorges d’Aït Mansour et du Todra offrent des coins d’ombre et de baignade.