Perdue aux confins de l’Anti-Atlas, à 289 km au sud d’Agadir, Tata est une oasis qui fleure bon l’Afrique et les pistes du désert. Posée sur les contreforts des montagnes, à quelques encablures de la frontière algérienne, la petite ville a conservé l’atmosphère des étapes caravanières d’antan.
Une oasis à la convergence des routes
La province a été peuplée par plusieurs tribus Amazighs et de nombreux arabes nomades. Tata possède un riche patrimoine archéologique qui raconte l’époque d’une civilisation qui a vécu en ce lieu durant des millénaires. Le sultan Mansour ed-Dehbi se servit d’ailleurs de Tata comme base stratégique lors de sa conquête du Soudan.
Que voir à Tata et aux alentours
Agadir-Lehne et son horloge à eau
À seulement 2 km de Tata, le village d’Agadir-Lehne abrite une horloge à eau ancestrale (tanassine) toujours en fonctionnement. Ce système d’irrigation unique au monde permet de répartir l’eau de manière équitable entre les familles de l’oasis. La montée à la kasbah par des ruelles souterraines offre un panorama exceptionnel sur la palmeraie. Article dédié à lire ici.
Gravures rupestres — Imaoun, Tiggane, Oum la leg
Les sites de gravures rupestres de Tata sont parmi les plus riches du Maroc. Les sites d’Imaoun, Tiggane, Oum la leg et Adrar Metgourine affichent une grande diversité de gravures de nombreuses époques : éléphants, vaches, antilopes — des vestiges qui témoignent de la présence humaine dans la région depuis 9 000 ans, à une époque où le Sahara était vert et peuplé d’une faune aujourd’hui disparue.
Le Mellah de Tazart
À 7 km au sud de Tata en direction d’Akka, l’ancien mellah de Tazart est un vestige précieux de la communauté juive qui vivait dans la région. Les maisons en terre ocre et en pierre, les ruelles étroites et la synagogue en ruine racontent une histoire de cohabitation judéo-berbère séculaire. La légende raconte que les femmes juives y fabriquaient de l’eau-de-vie à base de figues. Le vicomte Charles de Foucauld y séjourna entre 1883 et 1884, guidé par le rabbin Mardochée Aby Serour, originaire d’Akka. Juste au sud-ouest, le ksar de Jebair domine la palmeraie — le gardien sur place possède les clés.
Gorges de Messalite
À seulement 5 km de Tata sur la route de Tagmout, les gorges de Messalite forment un ensemble d’excavations creusées dans une roche volcanique. L’accès aux grottes ne se fait qu’à pied, mais un parking a été aménagé à proximité. Comptez 1h à 2h de balade pour explorer les cavités et profiter du paysage lunaire.
Oasis de Tissint
À environ 40 km au nord-est de Tata, l’oasis de Tissint est un écrin de verdure niché dans les gorges. Des cascades saisonnières se forment le long de l’oued après les pluies d’hiver. La palmeraie, les maisons en pisé et la mosquée ancienne en font une excursion d’une demi-journée facile.
Où dormir à Tata et dans les environs
Infos pratiques
Accès : Tata se trouve à 289 km d’Agadir (4h de route par la N10 puis N12). Depuis Tafraout, comptez 2h30 par Tiznit ou la route directe via Taliouine.
Altitude : ~670 m.
Meilleure saison : D’octobre à mars. Évitez mai-septembre où les températures dépassent régulièrement 40°C. Février-mars est idéal pour voir les cascades de Tissint en eau.
Hébergement : Plusieurs options à Tata même (Relais des Sables, Dar Imrane) ou à Tissint pour être au calme.
Guides : Pour les gravures rupestres et le mellah de Tazart, un guide local est recommandé. Renseignez-vous à l’office de tourisme de Tata.
Photos : Anti-Atlas.com — archives