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Les plus beaux villages de l’Anti-Atlas — 9 perles berberes

Il y a des régions où chaque virage offre un nouveau village accroché à la montagne, une kasbah qui surgit du rocher, une palmeraie qui verdit soudain au fond d’une gorge. L’Anti-Atlas est de celles-là. Entre la lumière du granit rose de Tafraout et les ruelles troglodytiques d’Icht, neuf villages valent le détour, chacun avec son histoire, son silence et son élément qui le rend unique. En voici la sélection.

Tafraout, la capitale de la vallée des Ammeln

Ville de Tafraoute dans la vallée avec des roches
Tafraout et ses falaises de granit rose, cœur de l’Anti-Atlas occidental.

Tafraout, ce n’est pas une ville, c’est une cuvette de lumière. Les falaises de granit rose l’enserrent de toutes parts, et les amandiers explosent en blanc en février-mars. Le marché du samedi matin est l’un des plus vivants de l’Anti-Atlas : on y croise des Berbères descendus des hameaux alentour avec leurs chèvres et leurs paniers d’amandes. La ville est le point de départ naturel pour explorer la vallée des Ammeln et son réseau de sentiers.

Tizourgane et sa kasbah du XIIIe siècle

Kasbah Tizourgane, grenier fortifié berbère dans l
La Kasbah de Tizourgane, perchée sur son piton rocheux.

À vingt minutes de Tafraout, la Kasbah de Tizourgane est une forteresse du XIIIe siècle toujours habitée. On y dort dans des chambres creusées dans les murs d’enceinte, on y mange une pastilla au poulet sur la terrasse avec vue sur les arganiers. Le village en contrebas, avec ses maisons de pisé et ses ruelles étroites, abrite une communauté d’artisans et d’agriculteurs qui cultivent les amandiers en terrasses. Pour une immersion dans la Kasbah de Tizourgane, une nuit est le minimum.

Aït Mansour, palmeraie et gorges

Gorges d'Aït Mansour
Les gorges d’Aït Mansour, entre palmeraie et falaises.

Aït Mansour est le genre d’endroit où le temps ralentit. La palmeraie s’étire le long de l’oued, les arganiers pluricentenaires protègent les maisons de pisé. On marche d’un village à l’autre sous les frondaisons des palmiers, le bruit de l’eau des séquias en fond sonore. Les gorges d’Aït Mansour offrent une randonnée accessible de 2h à 3h, avec une cascade en point d’orgue. Partez à la découverte des gorges d’Aït Mansour pour une journée de marche et de baignade.

Amtoudi, l’oasis aux gueltas

L'agadir (grenier collectif fortifié) d'Id Aïssa p
L’agadir À Id Aïssa à Amtoudi, grenier fortifié de l’Anti-Atlas.

Amtoudi, c’est d’abord une vision : une oasis encaissée, une eau turquoise dans des vasques naturelles, et à flanc de falaise, l’Agadir Aït Aguelouy, un grenier collectif vieux de plusieurs siècles. Les gueltas sont là, profondes et fraîches, même en plein été. Le village s’étagère sur le versant, minuscule à côté de la montagne. La balade des gueltas d’Amtoudi est l’une des plus accessibles et des plus gratifiantes de l’Anti-Atlas.

Tiout, l’oasis secrète

À une vingtaine de kilomètres de Taroudant, Tiout est une oasis qui se mérite. La piste s’enfonce dans la montagne aride, puis soudain, le vert éclate : des centaines de palmiers, des champs d’orge, des canaux d’irrigation qui courent entre les parcelles. La kasbah en ruine, perchée sur son éperon rocheux, domine l’ensemble. On y croise plus de chevriers que de voyageurs. Tiout est une halte silencieuse, parfaite pour une journée à l’écart des itinéraires balisés.

Aguinane, l’oasis la plus isolée

Vue de l'oasis d'Aguinane
L’oasis d’Aguinane, perchée au fond des gorges.

Pour atteindre Aguinane, on quitte la route goudronnée et on s’engage sur une piste vertigineuse qui descend dans les gorges. Au fond, l’oasis est si petite et si sauvage qu’on a du mal à croire qu’on peut y vivre. Une source, quelques dizaines de palmiers, des bassins naturels où l’eau est si claire qu’on voit les galets au fond. C’est le bout du monde. La plongée dans l’oasis d’Aguinane est une expérience à vivre au moins une fois.

Taliouine, 1 586 mètres d’or rouge

Vue panoramique de Taliouine, capitale du safran d
Taliouine, capitale du safran dans l’Anti-Atlas.

À 1 586 mètres d’altitude sur la RN10, Taliouine est la capitale du safran marocain. En octobre-novembre, les champs de crocus transforment les collines en un tapis violet. La coopérative Souktana ouvre ses portes aux visiteurs : on y voit les femmes trier les pistils un par un, assises en cercle sur des nattes. Le Festival du Safran, chaque fin octobre, mêle marché aux épices, danses berbères et concours du meilleur safran. Taliouine est aussi la porte d’entrée du Jbel Siroua, plus haut sommet de l’Anti-Atlas.

Tata, porte du désert

Paysage près de Tata
Palmeraie et montagnes arides autour de Tata.

Tata, c’est l’Anti-Atlas qui bascule vers le Sahara. La ville est blottie dans une palmeraie, entourée de montagnes aux formes lunaires. On y vient pour son souk du dimanche, pour ses oasis disséminées dans la vallée, pour son silence. Les paysages alentour sont d’une beauté dépouillée : plateaux caillouteux, falaises ocres, et soudain, une tache verte de palmiers au fond d’un oued. Pour une plongée dans l’ambiance de Tata, le souk du dimanche matin est immanquable.

Icht, le village troglodytique

Entrée du ksar troglodytique perché d'Icht dans l
Le ksar troglodytique d’Icht, creusé à flanc de colline.

Icht est le plus surprenant de tous. Son vieux ksar est creusé dans la colline sur trois niveaux : les bêtes au rez-de-chaussée, les habitants au premier, les chambres au deuxième. Un réseau de ruelles souterraines relie chaque maison à la mosquée, vieille de 500 ans, aujourd’hui abandonnée. Et au sommet de la montagne qui domine le village, l’Agadir n Fniks, un grenier fortifié que les anciens attribuent aux Phéniciens. Une descente dans le village troglodytique d’Icht demande un guide local et une lampe torche.