On ne va pas se mentir, gravir le Jbel Lekst n’est pas une promenade de santé. Mais c’est exactement pour ça qu’on est là, non ?
Ce sommet de 2 359 mètres, c’est la montagne que vous voyez de partout quand vous êtes à Tafraout. Ce bloc de granit rose qui barre l’horizon, avec sa célèbre Tête du Lion qui veille sur la vallée des Ammeln depuis des siècles. L’ascension est courte mais intense : 10 km, 1 000 m de dénivelé, un sentier qui n’en fait qu’à sa tête. Au sommet, un ermitage du XIXe siècle et un panorama à 360° qui porte jusqu’à l’océan.
Alors oui, ça grimpe sec. Mais les meilleures choses se méritent. Et quand vous arriverez là-haut, poserez votre sac et regarderez la vallée des Ammeln s’étaler à vos pieds, vous comprendrez pourquoi tout le monde vous a dit : « Faut faire le Lekst. »
Infos pratiques — Ascension du Jbel Lekst
Difficile
6h30 à 7h (A/R)
10 km A/R
Aller-retour
+1 000 m
-1 000 m
1 400 m – 2 359 m
Octobre à avril
Oumesnate (15 min de Tafraout)
Pourquoi ce sommet
Le Jbel Lekst, c’est la montagne qu’on voit de partout quand on est à Tafraout. Ce gros bloc de granit rose qui barre l’horizon nord-ouest, avec sa célèbre tête de lion — Udem Ugerzam — qui veille sur la vallée des Ammeln. C’est le sommet iconique du secteur, celui qui donne le ton : quand vous l’avez gravi, vous avez fait le tour de ce que l’Anti-Atlas occidental a de plus beau à offrir.
Cette ascension est exigeante — 1 000 mètres de dénivelé sur un sentier qui n’en fait qu’à sa tête. Mais au sommet, un ermitage du XIXe siècle vous attend, avec un panorama à 360° qui porte jusqu’à l’océan. Et si vous êtes malin, vous attaquerez la montée tôt le matin, quand la lumière rasante fait briller le granit.
Accès et départ
Tafraout est à 2h30 d’Agadir par la N1 et la P1706. Depuis le centre, Oumesnate est à 15 minutes en voiture — prenez la direction de la vallée des Ammeln, traversez les villages de palmeraies, vous y êtes. Parking possible au village. Sinon, partez de Tagdicht, un peu plus haut, ce qui vous économise 400 m de montée.
Pas de voiture ? Les taxis collectifs partent de la place du Marché pour 5 à 10 dirhams. Demandez Oumesnate ou Tagdicht, tout le monde connaît.
La montée
La piste quitte Oumesnate et s’élève presque tout de suite dans les premiers éboulis. Le terrain change vite — fini les ruelles en pisé, place au granit rose, à la roche qui craque sous les semelles. Le sentier n’est pas balisé, ou à peine. C’est là qu’un guide local devient précieux, surtout si vous n’avez pas l’habitude de lire le terrain dans ce genre de chaos minéral.
Ça monte régulièrement, sans répit. 1 000 mètres de D+ sur 5 km, ça fait du 20 % de pente moyenne. Le paysage s’ouvre petit à petit : les premiers amandiers laissent place à des blocs de granit sculptés par l’érosion, et la vallée des Ammeln s’étale en contrebas comme une carte en relief. Courage, vous êtes à la moitié vers les deux tiers.
Udem Ugerzam — la Tête du Lion
Vers 1 800 m, le sentier passe sous l’énorme face rocheuse d’Udem Ugerzam — la Tête du Lion. C’est un rocher en forme de profil de lion qui surplombe la vallée. Le meilleur moment pour l’observer, c’est en fin d’après-midi, quand les ombres creusent les traits du visage. En montant le matin, vous êtes côté face et la lumière écrase les reliefs. Pas grave — vous le verrez en redescendant.
Le sommet — Afa n Tmzgadiwin (2 359 m)
L’arrivée au sommet est surprenante. Au lieu d’un simple tas de cailloux, vous tombez sur les vestiges d’un ermitage du XIXe siècle : des tombes, une petite mosquée, une citerne. On imagine mal quelqu’un monter vivre ici, à 2 359 m, dans ce décor de granit et de ciel. Mais les murs sont là, solides, témoins d’une époque où la foi grimpait plus haut que les sentiers.
Et puis il y a la vue. 360 degrés de panorama — l’océan Atlantique à l’ouest, le Haut Atlas enneigé au nord, le Sahara qui se devine au sud-est. La vallée des Ammeln à vos pieds, paisible, avec ses points verts de palmeraies. Vous êtes au toit de Tafraout, et ça se mérite.
Prenez le temps. C’est le genre d’endroit où on pose son sac, on sort le pique-nique, et on regarde. Une heure, deux heures — personne ne vous presse.
La descente
Redescendre par le même chemin, c’est 2h30 à 3h de marche avec les genoux qui encaissent. Les éboulis sont traîtres en descente — posez bien vos pieds, utilisez vos bâtons. Le paysage change de sens et vous découvrez des choses que vous n’aviez pas vues à la montée : un amandier solitaire, un bloc sculpté, Udem Ugerzam sous son meilleur angle en contre-jour.
Arrivé en bas, Oumesnate vous accueille avec ses ruelles ombragées. Une orange pressée chez l’épicier du coin, et la vie reprend son cours.
Bon à savoir
- Guide : le sentier n’est pas balisé. Si vous n’êtes pas un randonneur expérimenté en terrain ouvert, prenez un guide local. Comptez 400-600 DH pour la journée.
- Eau : prévoyez au moins 2 litres par personne. Aucun point d’eau sur le parcours.
- Chiens : oui, les vôtres peuvent venir. Gardez-les en laisse dans la montée, il y a des chèvres.
- Téléphone : ça passe au sommet (Maroc Telecom). Dans la montée, c’est aléatoire.
- Départ : avant 7h en été, 8h le reste de l’année.
- Équipement : chaussures montantes obligatoires. Bâtons recommandés. Crème solaire et chapeau — le granit rose réfléchit le soleil comme un miroir.