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Huayhuash : le plus beau trek du monde (10-14 jours, Cordillère)

130 kilomètres de sentier, 14 jours d’isolement, 7 500 mètres de dénivelé cumulé, six cols à plus de 5 000 m. Le circuit de la Cordillère Huayhuash est considéré par de nombreux trekkers comme le plus beau trek du monde. Et quand on se tient au bord du lac Jahuacocha, face à la paroi verticale du Yerupajá (6 635 m), on comprend pourquoi.

Le massif du Huayhuash est rendu célèbre par le livre et le film Touching the Void qui raconte la descente tragique de Joe Simpson et Simon Yates sur le Siula Grande (6 344 m). Mais pour les randonneurs, le circuit complet est un pèlerinage : deux semaines à marcher entre 4 000 et 5 050 m, dans un isolement quasi total.

Infos pratiques — Huayhuash

Difficulté Très élevée
Durée 10-14 jours
Distance 130 km (circuit)
Type Boucle
Dénivelé + +7 500 m cumulés
Dénivelé − −7 500 m cumulés
Altitude 3 400 m – 5 050 m
Meilleure saison Mai à septembre
Point de départ Chiquián (3 400 m)

Pourquoi le Huayhuash

Le Huayhuash est l’apogée du trekking péruvien. Le circuit complet fait le tour d’un cirque de pics de 6 000 m, de lagunes d’un turquoise irréel, et de glaciers qui descendent jusqu’à 4 500 m. Les lacs Jahuacocha et Carhuacocha, avec leurs reflets des sommets, sont parmi les plus beaux camps de base du monde.

L’altitude moyenne du trek dépasse 4 500 m, les cols culminent à 5 050 m (Punta Cuyoc et Siula Pass). L’isolement est total : pas de refuge, pas de village, pas de route — juste le sentier, les muletiers et les sommets.

Accès et départ

Depuis Huaraz (3 090 m), un bus rejoint Chiquián (3 400 m) en 4-5 heures. Le trek commence par une journée d’approche vers le massif.

GPS :

  • Départ Chiquián : 10°09’00"S 77°10’00"O
  • Col Siula : 10°18’00"S 76°55’00"O

Le Trek

Jours 1-3 — Approche et acclimatation (Chiquián à Llamac)

Le trek débute à Chiquián (3 400 m). La première journée descend dans le canyon du río Pucutay (perte de 400 m) avant de remonter vers le hameau de Llamac (3 100 m) où les muletiers préparent les chargements. La marche est courte (3-4h), le terrain sec et caillouteux, les premiers ânes chargés de matériel croisent le chemin.

Les jours 2 et 3 montent progressivement vers le massif. Le sentier traverse une vallée glaciaire où les pâturages laissent place aux pierriers. Le premier camp significatif est à Pampa Llamac (4 100 m) ou Quartelhuain, selon les groupes. C’est la dernière occasion de s’acclimater avant les cols. L’eau est disponible dans les ruisseaux glaciaires, mais un filtre est recommandé.

Jours 4-6 — Les grands cols (Carhuacocha et Solteracocha)

La journée 4 franchit le premier obstacle : le col Cacananpunta (4 800 m). La montée depuis le camp est raide mais courte (2-3h). Au col, la vue s’ouvre sur le cirque de lagunes qui fait la réputation du Huayhuash. La descente vers le camp de Carhuacocha (4 300 m) traverse un décor de roches rouges et de fleurs andines.

Le camp de Carhuacocha est l’un des plus beaux du trek : les tentes s’installent au bord d’un lac turquoise, avec le Siula Grande (6 344 m) en toile de fond. C’est ici que Joe Simpson a entamé sa descente tragique en 1985. Le récit de l’expédition donne des frissons quand on regarde la face nord du Siula.

Le jour 5 est le plus dur du trek : le col Siula Pass (5 050 m) marque le point culminant du circuit. La montée depuis Carhuacocha prend 3-4h, avec une pente soutenue et un terrain instable (pierriers et neige selon la saison). La vue du col embrasse l’ensemble de la cordillère : Yerupajá (6 635 m), Siula Grande, Jurao (5 690 m). Descente vers Solteracocha (4 200 m), un lac plus petit mais plus sauvage.

Jours 7-9 — Viconga et les sources chaudes

Le jour 7 suit la vallée jusqu’au camp de Viconga (4 100 m), célèbre pour ses sources chaudes naturelles. Quelques bassins sommairement aménagés permettent de tremper les jambes après des jours d’effort. Les muletiers y font souvent une pause d’une demi-journée pour reposer les bêtes.

Le jour 8 enchaîne le col Punta Cuyoc (5 050 m), techniquement le plus difficile du circuit : la montée traverse un pierrier instable qui demande de l’attention, surtout à la descente. Le versant nord est exposé au vent et peut être très froid, même en juin. Campement au pied du col Jurao (4 500 m), dans un paysage lunaire, sans végétation.

Le jour 9 franchit le col Jurao (5 000 m), moins connu mais tout aussi exigeant, avant de redescendre vers les pâturages de Huactac (3 900 m) où une végétation plus verte et quelques troupeaux de vigognes rappellent que la civilisation n’est plus très loin.

Jours 10-12 — Jahuacocha et le retour

Le jour 10 marque l’arrivée au lac Jahuacocha (4 000 m), le clou du trek. Le sentier descend dans une vallée verdoyante où le lac s’étend sur 2 km, dominé par la paroi ouest du Yerupajá, le deuxième plus haut sommet du Pérou (6 635 m). La lumière du matin sur la paroi, quand le soleil éclaire le glacier sommitral, est un moment qu’on n’oublie pas.

Les jours 11-12 quittent le massif par le col de Huayhuash (4 600 m) pour rejoindre Chiquián. La dernière journée longe le río Vizcas avant de remonter vers le village. L’arrivée à Chiquián, après 12 jours de marche, a un goût de retour au monde.

Variante raccourcie (10 jours) : sauter le lac Solteracocha et le col Punta Cuyoc, en passant directement du Siula Pass à Viconga par la vallée de Churup. Moins beau mais plus praticable si le temps manque.

Bon à savoir

  • Guide et muletier : fortement recommandés. Le sentier est sommairement balisé et l’isolement total. Comptez 200-300 $/jour pour un groupe complet (guide + muletier + cuisinier).
  • Altitude : l’acclimatation est cruciale. Passez au moins 3 jours à Huaraz, avec des randonnées d’acclimatation (Laguna Parón, 7 Lagunas).
  • Équipement : duvet confort -15°C, tente 4 saisons, réchaud, filtre à eau, carte IGN, GPS. Pas de refuge, pas de ravitaillement.
  • Sécurité : le massif est isolé. Les secours médicaux sont à plusieurs heures. Un téléphone satellite est recommandé.
  • Frais communautaires : chaque village prélève un droit de passage (10-20 soles). Prévoyez de la monnaie.
  • Eau : ruisseaux nombreux mais filtration obligatoire (présence de troupeaux de lamas et vigognes). Prévoyez 3 L de capacité de transport.

À voir à proximité

Le Huayhuash est le sommet du trekking andin. Avant de s’y lancer, les randonnées d’acclimatation autour de Huaraz sont indispensables. Le Santa Cruz trek (4 jours) reste la meilleure mise en bouche avant d’attaquer deux semaines d’isolement.

Crédits : photo d’ouverture — la Cordillère Huayhuash et ses lagunes.