L’ascension du Cerro las Empanadas mène au point culminant du parc naturel des Sierras de Cazorla, Segura y Las Villas : 2 107 mètres dans le plus vaste espace protégé d’Espagne, classé Réserve de Biosphère UNESCO. Le départ se fait au refuge de Rambla Seca, à l’entrée des hauts plateaux des Campos de Hernán Perea. L’itinéraire traverse les pinèdes de pins laricio, remonte des ramblas sèches puis gagne un cordal sommital d’où la vue s’étend sur la Sierra del Pozo et la Sierra de Castril. Loin des sentiers balisés des gorges du Borosa, cette ascension traverse une montagne sauvage et minérale, où l’orientation et l’autonomie priment sur la technique.
Infos pratiques : Cerro las Empanadas
Le Trek
Du refuge de Rambla Seca à la casa forestal de la Cabrilla
Le départ se fait au refuge de Rambla Seca, à 1 584 mètres d’altitude, à l’entrée du haut plateau des Campos de Hernán Perea. Depuis Cazorla, vous empruntez la A-319 en direction d’El Tranco, puis la piste forestière JF-7091 via Nava de San Pedro. Depuis Santiago-Pontones, vous rejoignez l’aldea de Don Domingo par la J-9005 avant de poursuivre sur la piste du plateau. Une barrière marque le terme de la piste carrossable en véhicule de tourisme : au-delà, seuls les tout-terrains passent. Le sentier débute à côté des tornajos, ces anciens abreuvoirs à bétail, et s’enfonce dans un vallon herbeux bordé de pins laricio. La piste en mauvais état cède rapidement la place à un chemin de terre qui monte en pente douce vers les ruines de l’ancienne casa forestal de la Cabrilla, repère essentiel de l’itinéraire. Comptez une heure et demie pour cette première approche, sur un terrain qui n’oppose encore aucune difficulté.
La remontée du barranco del Arroyo del Infierno
Aux ruines de la casa forestal, le sentier bifurque et longe l’arroyo voisin, connu sous le nom de barranco del Arroyo del Infierno. La pente se raidit nettement : vous remontez une rambla sèche, large couloir de pierrailles creusé par les eaux de ruissellement, en direction du collado de la Rambla. Le balisage disparaît et la progression se fait sur des cairns épars ; un GPS ou une trace chargée sur téléphone devient alors précieux pour ne pas dévier dans les piornales denses qui bordent le couloir. Le gain d’altitude sur cette section avoisine les 400 mètres sur deux kilomètres, dans un paysage minéral où la pinède s’éclaircit à mesure que vous prenez de l’altitude. Des sabinas rastreras et des genévriers rampants remplacent peu à peu les arbres, annonçant l’ambiance de haute montagne qui règne sur le cordal sommital.
Le cordal sommital jusqu’au Cerro las Empanadas (2 107 m)
Depuis le collado de la Rambla, vous poursuivez en montant sur la droite pour rejoindre le cordal sommital de la Sierra de la Cabrilla. Cette crête arrondie enchaîne les sommets du massif : c’est ici que se succèdent, du sud vers le nord, le Cerro las Empanadas (2 107 m), la Cabrilla Alta (2 078 m) et leurs voisins légèrement moins élevés. L’itinéraire emprunte le fil du cordal sur un terrain dégagé, parsemé de lapiés et de dalles calcaires, avant d’atteindre le sommet du Cerro las Empanadas. Aucun à-pic vertigineux ici, mais un large belvédère à 360° : vers l’est, l’immense plateau karstique des Campos de Hernán Perea s’étire à perte de vue ; vers l’ouest, la Sierra del Pozo et la Sierra de Castril ferment l’horizon. Par temps clair, le regard porte jusqu’aux sommets enneigés de la Sierra Nevada, très loin au sud. Le sommet est marqué d’un simple repère géodésique et de quelques cairns.
La redescente par le collado del Salitre
La descente la plus agréable décrit une boucle plutôt que de repasser exactement sur ses traces. Depuis le sommet, vous prolongez le cordal vers le Cerro de los Tres Mojones, puis vous obliquez vers le collado del Salitre, un col herbeux qui domine le vallon de Rambla Seca. Le sentier, là encore peu marqué, rejoint en douceur la piste de départ et ramène au refuge en une grosse heure. Cette variante évite de redescendre la rambla pierreuse et révèle un autre versant du massif : vous découvrez au passage l’envers des tornajos et les prairies d’altitude qui nourrissent, l’été, les troupeaux transhumants. Prévoyez au total entre cinq et six heures pour la boucle complète, pauses comprises.
Bon à savoir
L’itinéraire ne présente aucune difficulté technique, mais il n’est pas balisé sur l’essentiel du parcours : l’orientation exige de l’attention, et un GPS ou une trace chargée est vivement recommandé. Les passages hors sentier dans les piornales et sur les lapiés ralentissent la marche ; une bonne condition physique et un bon sens de l’orientation font la différence entre une sortie plaisir et une journée éreintante.
Il n’existe aucun point d’eau fiable sur l’itinéraire côté Jaén : le refuge de Rambla Seca est le dernier accès à l’eau potable, et les quelques sources de la face de Castril sont souvent à sec. Emportez de l’eau pour la journée entière, un coupe-vent et une polaire : même en été, le vent souffle fort sur le cordal dégagé. La protection solaire est essentielle, l’ombre étant quasi absente au-dessus de 1 800 mètres.
Les meilleures périodes s’étendent de mai à juin et de septembre à octobre, quand les températures restent douces et que les journées chaudes sont évitées. L’été peut convenir à condition de partir tôt, avant la chaleur ; en hiver, l’enneigement transforme l’ascension en course d’alpinisme exigeant crampons et piolet, à réserver aux randonneurs expérimentés.
À voir à proximité
Le Cerro las Empanadas ouvre la porte des hautes terres du parc naturel des Sierras de Cazorla, Segura y Las Villas. Depuis le même point de départ, plusieurs itinéraires prolongent la découverte de ce massif calcaire :
- Le Pico Cabañas (2 027 m) — point culminant de la Sierra del Pozo voisine, dont le belvédère domine la Sierra de la Cabrilla et l’Empanadas. Pico Cabañas (2 027 m)
- Les Campos de Hernán Perea — le plus vaste altiplano d’Espagne (5 000 hectares à 1 600 m d’altitude moyenne), un désert d’altitude aux allures lunaires parcouru par un réseau de sentiers entre dolines et calares karstiques.
Les randonneurs en quête d’une traversée plus longue empruntent le GR 247, le « Bosques del Sur », dont l’étape 16 relie le refuge de Rambla Seca au refuge du Campo del Espino (1 710 m) à travers le plateau. Cet itinéraire balisé de plusieurs jours permet d’enchaîner les hauts plateaux, les pinèdes de pins laricio et les villages blancs de la Sierra de Segura, pour une lecture complète du plus grand espace protégé d’Espagne.
Crédits
Cet article s’appuie sur les données du parc naturel des Sierras de Cazorla, Segura y Las Villas (Junta de Andalucía) et sur les relevés publiés par l’office de tourisme Jaén Paraíso Interior. Le parc est classé Réserve de Biosphère UNESCO depuis 1983 et Zone de Protection Spéciale pour les Oiseaux (ZEPA) depuis 1988. Le Cerro las Empanadas (2 107 m) est le point culminant du parc naturel ; la Cabrilla Alta (2 078 m), située sur la même crête, en est le deuxième sommet. Les distances, dénivelés et durées mentionnés sont des ordres de grandeur constatés sur le terrain, avec des variantes selon les traces (de 12,4 à 13,4 km et de 513 à 640 m de dénivelé positif selon les relevés). L’absence de balisage et l’absence de points d’eau fiables correspondent aux conditions réelles du parcours, documentées par les guides et les traces GPS publiées. Les noms scientifiques et les toponymes suivent les sources de référence (Wikipedia, Komoot, Wikiloc). Pour toute information actualisée sur l’accès et l’état des pistes, consultez le site officiel du parc naturel auprès de la Junta de Andalucía.