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Lacs des Herms et de Born : randonnée autour des tourbières de l’Aubrac

Deux lacs déorigine glaciaire, une tourbière classée Natura 2000, et un sentier qui les relie sans jamais toucher la route. Les lacs des Herms et de Born, c’est 12 km de plateau aubracien, de sphaignes qui craquent sous les semelles et d’eau turquoise posée entre deux crêtes de basalte. Bienvenue sur l’un des circuits les plus fréquentés faciles de Lozère.

Voici une rando facile, sans pression, où le seul bruit vient des clarines des vaches aubraciennes ? La boucle des deux lacs correspond aux marcheurs. En famille, entre amis ou seul avec un bon bouquin, le lac de Born est un des coins les plus paisibles de Lozère pour poser son sac et regarder l’eau. Le dénivelé est doux, le terrain est propre, et les paysages changent toutes les demi-heures.

Infos pratiques : Lacs des Herms et de Born

Difficulté Facile
Durée 3h30
Distance ~12 km
Type Boucle
Dénivelé + +250 m
Dénivelé − −250 m
Altitude 1 240 m – 1 400 m
Meilleure saison Mai à octobre
Point de départ Parking du lac des Herms, Saint-Chély-d’Apcher

Le Trek

Pourquoi cette boucle des lacs de l’Aubra

Parce que c’est l’une des rares randos faciles du plateau qui enchaîne deux sites classés sans jamais vous coller au bitume. Pas de route pendant 12 km, rien que des sentiers herbeux, des passerelles en bois au-dessus des sphaignes, et des points de vue qui tombent pile au bon moment. En juin, les droséras à feuilles rondes colorent les bordures des lacs de leurs pièges collants. En septembre, les bruyères mettent une teinte violette sur tout le plateau. Chaque saison a son ambiance, sa lumière, ses odeurs.

Si vous avez des enfants curieux, des baskets légères ou juste une envie de marche tranquille à 1 300 m d’altitude, cette boucle rassemble tous les atouts du plateau. Elle est courte, elle est belle, et elle sent la tourbe fraîche. Vous ne rentrerez pas lessivé, juste apaisé. Le panorama embrasse l’ensemble du plateau pour une journée sur le plateau ? Un vrai bain de nature sans se ruiner en énergie.

Accès au parking du lac des Herms

Depuis Saint-Chély-d’Apcher, prenez la D987 en direction de Nasbinals. La route monte doucement sur le plateau. Vous quittez les maisons de pierre pour les pâturages ouverts en une dizaine de minutes. Au bout de 6 km, un panneau en bois indique le lac des Herms sur la gauche. Tournez, suivez le chemin sur 500 mètres. Le parking est en gravier, gratuit, avec une dizaine de places. Pas de quoi se garer en car, mais largement suffisant pour les voitures.

Coordonnées GPS du parking : 44.8015, 3.1865

Arrivez avant 10h les week-ends d’été. La popularité du site augmente chaque année, et les places sont vite prises. En juillet-août, le parking peut saturer dès 9h30. Prévoyez un plan B : si le parking est plein, la route des Lacs propose d’autres points de départ, notamment au lac de Saint-Andéol à 15 minutes de là.

Pas de point d’eau sur le parking. Prévoyez vos bouteilles avant de partir. Il n’y en aura pas non plus sur le sentier. Si vous venez en motorhome, sachez que le parking n’est pas prévu pour les grands gabarits. Mieux vaut se garer sur l’aire de Saint-Chély-d’Apcher et venir en voiture.

Petit conseil pratique : la D987 est une route de montagne sinueuse. Certains virages sont aveugles. Ralentissez, profitez du paysage, et gardez un œil sur les vaches qui traversent parfois la chaussée. Les troupeaux aubraciens ont tendance à changer de pré sans prévenir.

La boucle des deux lacs pas à pas

Le sentier démarre directement au bord du lac des Herms. Vous longez la rive gauche sur un chemin herbeux qui sent l’humide et la tourbe. Le lac est calme, entouré de saules et de bouleaux. Des reflets vert foncé dansent sur une eau presque noire. C’est le plus petit des deux lacs, mais le plus sauvage. Pas de plage aménagée ici, pas de bancs. Juste le silence et les ondulations du vent sur l’eau. Le lac des Herms est aussi appelé « étang des Herms » sur certaines cartes IGN. Ne cherchez pas de grande infrastructure touristique. Vous êtes en zone naturelle protégée.

Au bout de 500 mètres, le sentier quitte le lac et s’enfonce dans la tourbière. Vous marchez sur des passerelles en bois qui crépitent sous vos pas. Ici, le sol est vivant. Sphaignes, linaigrettes, saxifrages. La tourbière des Herms est un site Natura 2000, un refuge pour la flore protégée du Massif central. Regardez bien les bords du chemin : les droséras à feuilles rondes attrapent les insectes avec leurs gouttes collantes. Un spectacle minuscule mais fascinant. Les enfants adorent chercher ces petites plantes carnivores.

Après 2 km de passerelles, le terrain remonte doucement vers la crête. Vous marchez entre les rajas, ces éboulis de basalte typiques de l’Aubrac. La pente est progressive, rien d’essoufflant. Prenez le temps de vous retourner : la vue sur le truc de Marchastel et les vallons glaciaires est large. Vous devinez déjà le lac de Born en contrebas, avec sa couleur qui change selon l’heure. Turquoise le matin, vert en fin d’après-midi.

Le sentier est bien balisé mais pas trop. Pas de pancartes tous les 100 mètres. Juste des marques jaunes discrètes sur les pierres. Ne vous inquiétez pas si vous perdez le balisage sur 100 mètres. La direction générale se devine à l’horizon, et de toute façon, vous ne pouvez pas vous perdre entre deux lacs visibles depuis la crête.

Lac de Born sur le plateau de l'Aubrac en Lozère, vue sur la montagne des Rajas
Le lac de Born (1 260 m) et la montagne des Rajas (1 401 m). Crédit : Jean-Marc PLANCHON, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Lac de Born

Au bout de 5 km, le sentier bascule vers le lac de Born. Le contraste est immédiat : plus grand, plus ouvert, ses rives sont bordées de prairies humides où paissent les vaches aubraciennes. Le lac brille d’un bleu-vert qui dépend de la lumière et de la saison. Turquoise le matin, presque vert en fin d’après-midi. En juillet, les nénuphars jaunes fleurissent sur les bords et colorent la surface de taches dorées.

C’est le spot apprécié pour un pique-nique. Installez-vous sur la rive est, face au truc de Marchastel. Vous entendrez les cloches des vaches avant même de les voir. Les troupeaux de race Aubrac portent des clarines, ces grosses cloches qui résonnent sur le plateau. Le bruit porte loin. Ajoutez le vent léger, le clapotis de l’eau, et vous obtenez un des déjeuners les plus mémorables sur l’herbe de Lozère. Prévoyez un coupe-vent même en plein été. Le vent du plateau se lève souvent en milieu d’après-midi.

Le tour du lac de Born fait environ 3 km. Le sentier est tout plat, une vraie marche tranquille. Profitez-en pour repérer les oiseaux : hérons cendrés, foulques macroules, parfois un circaète Jean-le-Blanc qui tourne au-dessus de la montagne des Rajas. Au printemps, les grues cendrées font escale sur le lac lors de leur migration. Si vous êtes discret et patient, vous les verrez de près.

Petite astuce : la rive nord du lac de Born est moins fréquentée que la rive sud. Si vous voulez un coin tranquille pour lire ou juste regarder l’eau, contournez le lac par la gauche et marchez 500 mètres supplémentaires. Vous aurez le secteur pour vous tout seul, avec une vue imprenable sur la montagne des Rajas. Le calme y règne.

Le retour par la tourbière haute

Vous ne reprenez pas le même chemin. La boucle remonte par le nord, à travers une deuxième zone humide moins connue. Le paysage change : plus minéral, plus ouvert. Les blocs de basalte affleurent partout, vestiges des coulées volcaniques du Pléistocène. Certains sont gros comme des voitures, déposés là par les glaciers il y a 10 000 ans. Vous marchez sur une ancienne coulée de lave.

La descente vers le lac des Herms se fait en douceur sur 3 km. Le sentier rejoint les passerelles du départ, et vous retrouvez le petit lac tranquille là où tout a commencé. Comptez 45 minutes pour cette dernière section. C’est la partie la plus silencieuse du parcours. Les oiseaux, le vent, les sphaignes qui craquent sous les pieds. Rien d’autre.

Ne vous arrêtez pas trop tôt. Les derniers mètres longent des mares tourbeuses où les libellules dansent au-dessus des nénuphars. En août, les orchidées sauvages colorent les bas-côtés. Vous verrez sans doute des papillons — l’azuré des mouillères, un petit bleu vif spécifique des zones humides du Massif central.

Plateau de l'Aubrac en automne, vue sur la route des Lacs, le lac de Born et le truc de Marchastel
Le plateau de l’Aubrac en automne, route des Lacs et lac de Born. Crédit : Jmp48, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Bon à savoir

Chiens : Tenus en laisse obligatoire. Zone Natura 2000 et troupeaux en estive, la laisse est aussi une protection pour votre chien. Les tourbières cachent des zones d’eau profonde sous la végétation, et un chien peut facilement tomber dans une poche sans fond apparent.

Eau : Aucun point d’eau sur le parcours. La tourbière semble humide, mais l’eau n’est pas potable. Prévoyez 1,5 L par personne, surtout en été quand le soleil tape fort sur le plateau. Les journées chaudes, la marche à découvert peut être éprouvante.

Enfants : La boucle est accessible dès 7-8 ans. Les passerelles intriguent, les droséras fascinent les petits naturalistes en herbe. À faire en demie-journée sans forcer. Prévoyez des jumelles et un petit carnet d’observation pour motiver les troupes. Les enfants adorent repérer les oiseaux et les fleurs.

Téléphone : Le réseau passe sur les crêtes entre les deux lacs. Pas de signal dans la tourbière. Tant mieux, non ? Une vraie déconnexion, sans notification intempestive.

Équipement : Chaussures de marche légères suffisent amplement. Les passerelles peuvent être glissantes après la pluie, attention. Bâtons optionnels mais utiles si le terrain est humide. Prévoyez une petite laine même en été. Le vent sur le plateau peut surprendre, surtout en fin de journée. La crème solaire est aussi recommandée — l’altitude et le vent accentuent les coups de soleil.

Période : De mai à octobre. Évitez novembre-avril. Les passerelles gèlent, la tourbière devient impraticable, et les jours trop courts ne laissent pas le temps de finir la boucle tranquillement. La mi-juin et la mi-septembre sont les meilleures périodes : températures douces, moins de monde sur le sentier.

À voir à proximité

Le plateau de l’Aubrac ne se résume pas à deux lacs. À 15 minutes en voiture, le lac de Saint-Andéol est le plus célèbre du secteur. Plus grand, plus fréquenté, entouré de pâturages à perte de vue. Juste à côté, le truc de Marchastel (1 419 m) offre un panorama à 360° sur les monts d’Aubrac et les vallées glaciaires. La vue porte jusqu’aux monts du Cantal par temps clair. C’est une courte montée de 30 minutes depuis le parking du lac de Saint-Andéol.

Si vous avez faim après l’effort, la route des Lacs compte plusieurs burons où déguster l’aligot et la tome fraîche. L’assiette du randonneur, version aubracienne. Les burons de la zone ouvrent généralement de mai à septembre. Vérifiez les horaires avant de descendre du plateau. Certains burons, comme le buron de la Sistre, proposent aussi des dégustations de Laguiole, le fromage AOP de la région.

Pour les marcheurs qui veulent prolonger l’expérience, le GR de Pays Tour de l’Aubrac passe à proximité et permet de relier les principaux lacs du plateau en plusieurs jours. De quoi préparter votre prochain séjour sur le haut plateau lozérien.

Crédits — Photo du lac de Born : Jean-Marc PLANCHON, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons). Photo du plateau de l’Aubrac : Jmp48, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons).

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