Le sentier quitte le parking de la Tuilerie par un chemin herbeux qui s’élève doucement à travers les pâturages. Devant vous, le plateau de l’Aubrac s’étend à perte de vue : un océan de prairies ondulées, ponctué de burons en pierre et de troupeaux de vaches fauves. Au loin, sur la crête, une croix se dresse contre le ciel. C’est la Croix de l’Homme Mort, l’un des meilleurs belvédères du plateau, et le but de cette randonnée de 11 kilomètres.
La randonnée de la Croix de l’Homme Mort est l’une des plus accessibles du secteur d’Aumont-Aubrac. Avec 280 mètres de dénivelé répartis sur une boucle de 3h30, elle est balisé sur tout le parcours, sans passage technique à partir de 8-10 ans. Le sentier alterne les sections en sous-bois, les traversées de landes à genêts et les passages dans les tourbières classées Natura 2000 — de quoi offrir un bon aperçu de la diversité des paysages de l’Aubrac.
Infos pratiques : Croix de l’Homme Mort
Le Trek
Pourquoi gravir la Croix de l’Homme Mort&
Cette croix en granit, haute de 4 mètres, est posée sur un promontoire basaltique à 1 300 mètres d’altitude. La légende raconte qu’un homme y aurait été retrouvé sans vie lors d’un hiver très rigoureux, d’où son nom. Depuis, elle sert de repère aux randonneurs et aux bergers du plateau. Par temps clair, la vue embrasse un territoire immense : les monts du Cantal au nord, la Margeride à l’est, les gorges du Tarn au sud, et par beau temps, la chaîne des Alpes à l’horizon.
Ce qui fait la particularité de cette randonnée, c’est la variété des ambiances traversées en seulement 11 km. Vous commencez dans les pâturages ouverts, descendez dans un vallon boisé, longez un ruisseau, remontez sur une crête dégagée, traversez une tourbière classée, et finissez par un passage en lande à bruyère. Chaque section a son propre caractère, et aucun kilomètre ne ressemble au précédent.
Accès et départ
Le départ s’effectue depuis le parking du buron du Cheyrou, accessible en 10 minutes de route depuis Aumont-Aubrac. Le parking est gratuit et non surveillé. Le balisage PR (jaune) est présent sur l’intégralité du parcours.
Le départ se fait du parking de la Tuilerie, à 3 km au sud-ouest d’Aumont-Aubrac. Depuis l’A75, sortez à la sortie 42 (Aumont-Aubrac) et traversez le village par la D987. À la sortie du bourg, prenez la D52 en direction de la Tuilerie. La route est goudronnée jusqu’au parking, qui compte une dizaine de places, gratuit. Un panneau d’information du Parc naturel régional de l’Aubrac indique le départ du sentier.
Coordonnées GPS du parking : 44.710820° N, 3.236830° E
Pas de point d’eau ni de toilettes sur place. Le village d’Aumont-Aubrac (2 km) dispose de commerces et de toilettes publiques. Prévoyez votre gourde pleine avant le départ.

La boucle de la Croix de l’Homme Mort pas
Le sentier quitte le parking par le nord-ouest. Les premiers 500 mètres longent des pâturages clos de murets en pierre sèche, où les vaches de race Aubrac paissent en liberté. Le balisage est clair : marques jaunes (PR) sur les piquets en bois et les pierres. La pente commence doucement, à peine perceptible sur les jambes.
Au bout d’un kilomètre, le sentier pénètre dans un bois de hêtres et de bouleaux. L’ombre fraîche succède à l’exposition du plateau. Le sol est tapissé de fougères et de myrtilliers — en août, les baies sont mûres. Le chemin grimpe en lacets réguliers, sans raideur excessive. Un bon rythme de marche permet d’atteindre la lisière du bois en 20 minutes.
La traversée des landes
À la sortie du bois, le paysage s’ouvre brutalement. La lande à genêts et callunes s’étend jusqu’à l’horizon. Le sentier devient plus large, presque une draille — ces chemins de transhumance qui relient les pâturages d’altitude. Les fleurs jaunes des genêts à balais bordent le chemin, et les bruyères mettent des touches de violet dans le paysage. En mai-juin, les narcisses des poètes parsèment la lande de taches blanches.
La pente reste douce mais continue. À 2,5 km du départ, le sentier passe devant une ancienne croix de mission en pierre, plus petite que la Croix de l’Homme Mort mais tout aussi ancienne. Quelques mètres plus loin, une source bordée de cresson offre un point d’eau naturel — à ne pas boire sans traitement, mais efficace pour rafraîchir le visage et humecter la casquette par temps chaud.
À 3,5 km, le profil change. La pente s’accentue légèrement et le sentier s’élève en suivant la crête. La Croix de l’Homme Mort apparaît à l’horizon, d’abord petite silhouette noire sur le ciel, puis de plus en plus nette à mesure que vous approchez. Les derniers 500 mètres sont les plus raides du parcours, mais la perspective de la vue sommitale donne de l’élan.
Le sommet : la Croix de l’Homme Mort
À 1 300 mètres d’altitude, la croix domine le plateau. Elle est en granit, massive, solidement ancrée dans le basalte. Une plaque portant une inscription religieuse est fixée sur le socle. Tout autour, le panorama est à 360°. Par temps clair, on distingue nettement les monts du Cantal et le Plomb du Cantal (1 855 m) au nord, le massif de la Margeride à l’est, le Signal de Mailhebiau (1 469 m) au sud, et les vallées du Lot et du Tarn qui se devinent dans la brume lointaine.
Coordonnées GPS de la croix : 44.710140° N, 3.219500° E
C’est le lieu du pique-nique incontournable. Le vent est quasi permanent sur le plateau — prévoyez un coupe-vent même en été. En juillet, la température au sommet avoisine 18-22°C contre 25-28°C dans la vallée d’Aumont-Aubrac. La lumière est particulière en fin d’après-midi, quand le soleil bas allonge les ombres des burons sur les prairies.
De la croix partent plusieurs sentiers. Le GR® 65 (Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle) passe à 500 mètres à l’ouest. Des variantes permettent de prolonger la randonnée vers le Signal de l’Espinouse ou le Lac de Saint-Andéol. Pour notre boucle, nous prenons le sentier qui descend vers le sud-est.
Le retour par la tourbière
La descente se fait par le versant sud de la crête, dans un vallon plus abrité. Le sentier serpente entre des blocs de basalte affleurants et des touffes de molinie, une graminée typique des sols acides de l’Aubrac. Au bout de 1,5 km, vous atteignez le ruisseau de la Tuilière, un petit affluent de la Bès qui alimente la tourbière.
La tourbière de la Tuilière est une zone humide classée, équipée de passerelles en bois qui permettent de la traverser sans abîmer les sphaignes. L’endroit est particulièrement calme et frais. Les linaigrettes blanches balancent leurs aigrettes au vent, les droséras carnivores brillent de leurs gouttes collantes, et les libellules zèbrent la surface des mares. Avec un peu de chance, on peut observer un chevalier guignette qui prospecte la vase du ruisseau.
Après la tourbière, le sentier remonte doucement en traversant des pâturages ouverts. Les burons en pierre ponctuent le paysage à intervalles réguliers, certains encore utilisés pour la fabrication du Laguiole AOP pendant la période d’estive. Les derniers 2 km se font sur un chemin large, bien tassé, qui rejoint le parking de la Tuilerie par l’est. Comptez 3h30 pour l’ensemble de la boucle à rythme tranquille, pauses comprises.
Quand faire cette randonnée ?
La meilleure période va de mai à octobre. Mai-juin est le meilleur moment pour la flore : les narcisses, les gentianes et les orchidées sauvages sont en pleine floraison sur les landes. Les journées sont longues et les températures douces. En juillet-août, les troupeaux sont en estive, les vaches Aubrac avec leurs clarines animent le paysage sonore du plateau. Les orages d’été éclatent souvent en fin d’après-midi, partez tôt le matin.
Septembre est le mois le plus agréable climatiquement : températures encore douces, lumière rasante, couleurs automnales naissantes et forte diminution de la fréquentation. En octobre, les couleurs sont à leur apogée, mais les jours raccourcissent et les brumes deviennent plus fréquentes.
De novembre à avril, la randonnée est possible par beau temps sec, mais les conditions sont aléatoires. Le plateau est souvent enneigé ou verglacé, et le balisage jaune peut être masqué par la neige. Les raquettes sont alors recommandées. Évitez absolument les jours de brouillard — sans repère visuel, le plateau devient désorientant.
Bon à savoir
Chiens : Tolérés en laisse. La réglementation Natura 2000 et la présence de troupeaux en estive imposent la laisse. Les patous (chiens de protection) peuvent être présents : restez calme, ne les approchez pas, tenez votre chien en laisse courte et contournez le troupeau par un large détour.
Eau : Une source est présente vers le km 2,5 (près de l’ancienne croix), mais l’eau n’est pas potable sans traitement. Prévoyez 1,5 L par personne. La marche en altitude et l’exposition au vent favorisent la déshydratation sans qu’on s’en rende compte.
Enfants : Accessible à partir de 8-10 ans. La distance (11 km) demande une bonne condition pour des jambes jeunes, mais le dénivelé modéré et la variété des paysages motivent les enfants actifs. Le passage dans le bois de hêtres et la traversée de la tourbière sur les passerelles sont les moments préférés des plus jeunes.
Téléphone : Le réseau 4G passe sur la plupart du parcours, avec des zones d’ombre dans le vallon boisé et la tourbière. Le sommet est bien couvert. En cas d’urgence, le 112 fonctionne sur tout le territoire.
Équipement : Chaussures de randonnée basses suffisent. Bâtons de marche utiles pour la descente si le terrain est humide. Coupe-vent obligatoire même en été. Crème solaire et lunettes de soleil indispensables. Une couche chaude supplémentaire (polaire fine) est recommandée pour la pause au sommet, où le vent refroidit rapidement.
Météo : Les conditions changent rapidement sur le plateau de l’Aubrac. Consultez Météo France pour la zone Aubrac (altitude 1 200 m) avant le départ. Le vent peut passer de 10 à 50 km/h en quelques minutes. En cas d’orage annoncé, reportez la sortie — la crête de la Croix de l’Homme Mort est exposée, et un élément isolé en hauteur attire la foudre.
À voir à proximité
Le village d’Aumont-Aubrac, à 2 km du départ, mérite une halte. C’est une étape historique du GR® 65 (Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle). Son église romane du XIIe siècle et ses maisons en pierre de taille lui donnent un caractère authentique. Le marché du samedi matin, sur la place centrale, est l’un des plus animés du plateau.
Le Lac de Saint-Andéol, à 10 minutes de route, est le plus grand lac naturel de l’Aubrac. Le tour du lac (6 km, 2h) est une promenade facile qui complète bien une journée sur le plateau.
Le Signal de Mailhebiau (1 469 m), point culminant de l’Aubrac, est accessible depuis Brameloup par une randonnée de 8 km. Le panorama depuis son sommet est le plus large du plateau.
Enfin, la section aubracienne du GR® 65 traverse Aumont-Aubrac et permet de prolonger la marche sur plusieurs jours en direction de Nasbinals ou de Saint-Chély-d’Apcher.
Crédits — Photos : Ludo29 (CC BY-SA 4.0) et Anabase4 (CC BY-SA 3.0) — Wikimedia Commons.
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