La première fois qu’on arrive à Amtoudi, on se dit qu’on a bien fait de venir jusqu’ici. Une palmeraie dense au fond d’une vallée, des falaises ocre qui ferment l’horizon, et ce calme — ce calme qui surprend toujours après les virages de la piste. Mais ce qu’on ne voit pas depuis le village, c’est ce qui se passe là-haut, sur le plateau. C’est là que la boucle d’Amtoudi prend tout son sens : deux jours pour passer de la fraîcheur des palmiers à l’immensité minérale du plateau, avec une nuit chez l’habitant au milieu de nulle part.
Infos pratiques — Boucle d’Amtoudi
Modéré
2 jours / 1 nuit
~17 km
Boucle
+650 m
-650 m
~1 200 m
Printemps, automne
Amtoudi (Id Aïssa)
Pourquoi cette boucle
L’Anti-Atlas central, c’est l’Anti-Atlas dans ce qu’il a de plus authentique : moins fréquenté que l’ouest, plus aride, plus minéral. La boucle d’Amtoudi, c’est l’occasion de goûter à cette version-là du massif sans s’attaquer à un trek de plusieurs jours. Un itinéraire modeste en dénivelé, mais qui change de décor deux fois en 48 heures. La palmeraie d’un côté, le plateau de l’autre, et au milieu, une soirée chez l’habitant qui restera sans doute le meilleur souvenir du voyage.
Accès et départ
Amtoudi se trouve à environ 170 km au sud-est d’Agadir, soit 2h30 de route. Depuis Agadir, prendre la N10 vers Taroudant, puis la RR102 en direction de Tata. Au panneau Aday/Amtoudi, quitter la route principale et suivre la piste sur une douzaine de kilomètres. La piste est correcte, praticable en voiture de tourisme — sauf après de fortes pluies.
On se gare à l’entrée du village, près de la petite mosquée. Il n’y a pas de parking officiel, mais on trouve toujours une place à l’ombre des palmiers. Si vous voulez être guidé — et c’est conseillé pour cette boucle — Mohamed le gardien de l’Agadir Id Aïssa pourra vous accompagner ou vous mettre en relation avec quelqu’un du village.
Jour 1 : de la palmeraie au plateau
Le départ se fait depuis le cœur de la palmeraie. On remonte d’abord l’oued d’Amtoudi entre les palmiers, les oliviers et les arganiers — c’est la partie la plus verte du parcours, et de loin. Après une vingtaine de minutes, on quitte le lit de l’oued pour entamer la montée vers l’Agadir Id Aïssa.
L’agadir, perché sur son piton rocheux, est visible de loin. La montée est courte mais raide (environ 45 minutes depuis la palmeraie). Arrivé là-haut, on découvre un grenier fortifié vieux de plusieurs siècles, toujours utilisé par les familles du village pour stocker les récoltes. La vue sur la vallée est impressionnante — on comprend pourquoi ils ont choisi cet endroit.
Après l’agadir, le sentier continue sa montée vers le plateau. Le décor change progressivement : les palmiers s’espacent, laissent place aux buissons d’armoise, puis à rien d’autre que la roche et le ciel. La pente reste modérée. On marche environ 2h30 depuis l’agadir pour atteindre le douar perché au bord du plateau.
L’arrivée au douar, c’est un moment particulier. Les maisons en pisé se confondent avec la terre du plateau. On vous accueille dans une pièce au sol tapissé de tapis berbères. Le thé à la menthe arrive, les questions aussi — d’où vous venez, combien d’enfants, est-ce qu’on mange du couscous en France. La soirée se passe à parler, à regarder le soleil descendre sur les crêtes, à écouter le silence qui tombe quand la nuit arrive.
Jour 2 : du plateau aux gueltas
Le petit-déjeuner est simple : du pain cuit au feu de bois, de l’huile d’olive, du thé. On repart alors que le soleil éclaire à peine le plateau. Le deuxième jour est plus court, et surtout moins montant.
On traverse le plateau en direction du sud-ouest. La marche y est facile, le terrain est plat ou légèrement ondulé. On aperçoit au loin les crêtes du Jbel Siroua par temps clair. Après environ une heure de marche, le sentier commence à descendre vers la vallée d’Amtoudi par un ravin qui tranche le plateau.
La descente mène à l’Agadir Aït Aguelouy, un autre grenier troglodytique perché dans la falaise. Celui-ci est plus petit que l’Agadir Id Aïssa, mais son cadre est spectaculaire : il semble suspendu dans le vide. Une courte boucle de 2 à 3 heures permet d’atteindre le grenier et de redescendre par un sentier en balcon qui domine la palmeraie.
La fin du parcours longe les gueltas d’Amtoudi — des bassins naturels creusés dans la roche, alimentés par les sources qui jaillissent de la falaise. L’eau est fraîche, le cadre ombragé. C’est l’endroit idéal pour une pause avant de rentrer au village. En été, une baignade s’impose.
Bon à savoir
Guide : Pour une boucle de deux jours avec nuit chez l’habitant, il est vivement conseillé de prendre un guide local. Mohamed, le gardien de l’Agadir Id Aïssa, connaît tous les sentiers du plateau. Vous pouvez le trouver sur place ou demander au café d’Amtoudi.
Eau : Il n’y a aucun point d’eau sur le plateau. Prévoyez au moins 3 litres par personne pour les deux jours. La nuit chez l’habitant inclut généralement le repas et l’eau pour la soirée, mais pas de quoi remplir vos gourdes pour le lendemain.
Nuit chez l’habitant : Compter environ 200-300 dirhams par personne pour le dîner, la nuit et le petit-déjeuner. Prévoir un petit cadeau (thé, sucre) est apprécié.
Équipement : Chaussures de randonnée, chapeau, crème solaire, couverture ou sac de couchage léger pour la nuit. Le plateau peut être venteux même quand il fait chaud en bas.
Téléphone : Le réseau passe à Amtoudi (3G/4G par endroits) mais pas sur le plateau. Profitez-en pour déconnecter.
Meilleure période : Printemps (février-avril) et automne (septembre-novembre). L’été, la chaleur sur le plateau est supportable le matin et en fin d’après-midi, mais évitez les heures chaudes. L’hiver, les nuits sont fraîches mais les journées souvent belles.
