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Sentier de l’Ours — Val di Rose et Lago Vivo, randonnée dans le PNALM

Au cœur du Parc National des Abruzzes, le Sentier de l’Ours — Sentiero dell’Orso ou Sentiero della Lupa en italien — traverse l’une des hêtraies les plus denses d’Italie, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Du village de Pescasseroli jusqu’au petit lac d’altitude du Lago Vivo, blotti dans un cirque glaciaire du massif de la Meta, cette randonnée de 14 kilomètres est l’une des plus accessibles du parc pour qui veut croiser le regard de l’ours marsicain.



Infos pratiques — Sentier de l’Ours

Difficulté
Moyen

Durée
5 à 6 h A/R

Distance
~14 km A/R

Type
Aller-retour

Dénivelé +
+600 m

Dénivelé –
−600 m

Altitude
1 175 m – 1 591 m

Meilleure saison
Mai à octobre

Point de départ
Pescasseroli (centre du parc)

Pourquoi ce sentier

Le Sentier de l’Ours n’est pas une randonnée comme les autres. Dans le Parc National des Abruzzes, du Latium et du Molise — le plus ancien parc d’Italie — il traverse des hêtraies centenaires classées à l’UNESCO, longe des sources cristallines et atteint un petit lac d’altitude posé dans un cirque glaciaire. Mais ce qui le rend unique, c’est ce qu’on peut y croiser : l’ours brun marsicain, emblème du parc, dont une soixantaine d’individus sillonnent encore ces forêts. Un sentier qui se mérite en silence, les jumelles à la main.

Accès et départ

Le sentier démarre depuis Pescasseroli, la porte d’entrée principale du PNALM. Depuis Rome, compter environ 2 heures de voiture par l’autoroute A24/A25 jusqu’à la sortie de Pescasseroli (suivre « Parco Nazionale d’Abruzzo »). Le stationnement se fait au centre du village, près du siège du parc. Le départ du sentier est balisé « Sentiero della Lupa » — suivre les panneaux depuis la place principale.

Le parc exige le respect de règles strictes : ne pas quitter les sentiers balisés, ne pas nourrir les animaux, et tenir les chiens en laisse. Le départ avant 8h est conseillé pour maximiser les chances d’observer la faune.

De Pescasseroli à la Val di Rose

Le sentier s’élève doucement depuis Pescasseroli (1 175 m) à travers une hêtraie dense. Les premiers kilomètres serpentent entre des troncs centenaires, dans une lumière tamisée qui filtre à travers les feuilles. Le chemin est large et bien entretenu, ponctué de panneaux pédagogiques sur la faune du parc — empreintes d’ours, traces de loup, description des oiseaux qu’on entend sans les voir.

Hêtraie centenaire du Parc National des Abruzzes
Hêtraie centenaire du PNALM — Photo : Riccardo La Torre — Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Au bout d’une heure environ, la forêt s’ouvre sur la Val di Rose (1 400 m) — une vallée glaciaire en forme de U, encaissée entre les crêtes du massif de la Meta. L’herbe y est drue et, au printemps, les fleurs sauvages colorent le fond de la vallée. Une source d’eau cristalline coule en permanence. C’est le premier endroit où poser son sac, lever les yeux, et regarder les crêtes.

La Val di Rose à Lago Vivo

La montée vers le Lago Vivo s’amorce sur le flanc gauche de la vallée. Le sentier devient plus raide, le terrain plus rocheux. On progresse entre des blocs calcaires et des petits bosquets de hêtres nains, tordus par l’altitude. Peu à peu, la vallée s’élargit et le sommet du Monte Meta (2 242 m) se détache au loin.

Le lac apparaît sans prévenir : une poche d’émeraude posée à 1 591 m, dans un cirque glaciaire entouré de falaises. Le Lago Vivo est petit — on en fait le tour en dix minutes — mais son eau est d’une clarté exceptionnelle. Les jours de grand calme, le Monte Meta s’y reflète. C’est le point d’arrivée du sentier, l’endroit idéal pour un pique-nique avant la redescente.

Lago Vivo — lac d’altitude à 1 591 m dans le massif de la Meta
Lago Vivo, lac d’altitude du PNALM — Photo : Marigli2 — Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le retour

Le retour se fait par le même chemin. La descente est plus rapide (à peu près 2 heures contre 3 à 3h30 à la montée) et permet de voir la vallée sous un autre angle — la lumière de l’après-midi change complètement l’atmosphère de la hêtraie. Si le temps le permet, on peut prolonger par la variante courte de la Val di Rose (8 km aller-retour, 3 à 4 heures) en s’arrêtant à la source avant la montée vers le lac.

Observer l’ours marsicain

Le PNALM abrite environ 50 à 70 ours bruns marsicains, une sous-espèce endémique des Apennins qui ne vit nulle part ailleurs. Le Sentier de l’Ours, comme son nom l’indique, traverse leur territoire. Les chances d’en voir un sont réelles — surtout tôt le matin ou en fin de journée, entre mai et octobre. La règle d’or : marcher en silence, s’arrêter régulièrement pour écouter, et ne jamais s’approcher à moins de 100 mètres.

Ours brun marsicain — sous-espèce endémique du Parc National des Abruzzes
Ours brun marsicain (Ursus arctos marsicanus), emblème du PNALM — Photo : CC BY 2.0 (Flickr)

Bon à savoir

  • Eau : prendre au moins 2 litres par personne. Une source d’eau à la Val di Rose (traiter avant de boire).
  • Chaussures : de randonnée basses ou hautes, le terrain n’est pas technique mais les passages rocheux exigent de la stabilité.
  • Départ conseillé : avant 8h pour la faune, avant 10h l’été pour éviter la chaleur.
  • Jumelles : indispensables pour l’observation des ours, chamois et aigles.
  • Réseau : pas de couverture téléphone dans la vallée. Prévenir avant de partir.
  • Prolongement possible : combiner avec le sentier de la Camosciara au départ de Civitella Alfedena (10 km, 4-5 h).
  • Réserves : contacter le centre du parc à Pescasseroli pour les conditions du jour et les règles spécifiques.

À voir à proximité

Le PNALM ne se résume pas à ce seul sentier. À quelques kilomètres de Pescasseroli, la Camosciara offre une randonnée spectaculaire dans une vallée glaciaire encaissée, réservée aux chamois et aux randonneurs aguerris. Plus au sud, le Lago di Scanno déploie ses eaux en forme de cœur, idéal pour une journée plus tranquille. Et pour ceux qui veulent explorer le toit des Abruzzes, le Corno Grande (2 912 m) attend les marcheurs en bonne condition.